Looper

Dans notre futur proche (40 ans), l’horizon n’est vraiment pas rose.

La terre est devenue un monde hyper violent et d’une extrême pauvreté.

Une partie de la population humaine a été victime d’une étrange modification génétique leur donnant le pouvoir de télékinésie.

Mais le futur de ce futur est bien pire puisqu’on y a trouvé le moyen de voyager dans le temps et que le crime organisé utilise cette technologie pour se débarrasser des témoins gênants en les envoyant dans le passé les faire tuer par des loopers (littéralement boucleurs) , des tueurs à gages qui n’ont que pour horizon une vie moins pauvre que la moyenne.

Mais cette vie est sans avenir puisqu’ils devront un jour prendre leur retraite en bouclant la boucle et en se tuant eux même juste agés de 20 ans de plus.

Un de ces loopers devient un jour victime de son double qui s’est enfui alors qu’il devait le mettre à mort.

La machine s’enraye, il doit partir traquer son double pour le tuer et exécuter son contrat mais est en même temps poursuivi par ses employeurs puisqu’il a échoué….

Mais que cherche au juste son double?

 

 

Bon, au départ cette histoire paraît bien compliquée mais pas tant que ça, en fait.

La réalisation est d’une telle simplicité que l’intrigue n’est jamais compliquée à suivre.

C’est du film d’anticipation pure, du genre que j’affectionne.

Mais ce qui pourrait passer pour un simple film d’action (Bruce Willis au générique, ça installe le truc) est en fait un film bien plus profond sur l’évolution d’un mec perdu, drogué et cynique et sur sa propre rédemption.

Sur l’évolution de notre monde avec un futur qui ressemble étrangement à notre présent, en plus cynique et plus dégueulasse.

Hormis quelques motos volantes, l’esthétique de ce futur n’est pas différente de notre présent, ce qui rend ce futur plus troublant encore.

L’idée de la drogue administrée par les yeux, comme un collyre, auquel notre héros est accro est très bien trouvée.

Un peu comme les capsules explosives de New York 1997 (tout les films mènent à Snake, c’est bien connu!^^)

Au départ, on a un héros qui est franchement un sale type.

Un tueur drogué jusqu’à l’os, désabusé et qui espère gagner un maximum d’argent pour profiter du peu de vie qui lui restera une fois qu’il aura fini sa carrière de tueur puisque tous les loopers se tuent un jour eux mêmes, c’est la règle.

Il se prépare à cette éventualité jusqu’au jour où, obligé de se tuer lui même, ses certitudes vacillent.

Il découvre son double qui est un homme apaisé qui, après avoir eu une vraie vie de malfrat, a trouvé l’amour et veut à tout prix le retrouver.

 

 

Quand à son double, en agissant sur le passé, il efface ses propres souvenirs et modifie son futur.

On assiste à une scène incroyable où pour entrer en contact avec son double , le héros (maquillé afin de ressembler à Bruce Willis) se scarifie un message sur le bras afin que Bruce Willis puisse en lire les cicatrices.

Mais ce film est aussi une fable sur l’enfance.

L’enfance qui est la base de tout être humain qui façonne les hommes bons mais aussi les tyrans où les dictateurs.

Tous ont été , au départ, des enfants innocents.

On a notre héros jeune qui sort d’une enfance abandonnée et qui est dans la souffrance.

Et notre héros vieux qui veut tuer un enfant qu’il soupçonne de devenir l’organisateur de meurtres dans le futur pour l’empêcher de nuire.

C’est cet enfant qui va devenir le coeur de l’histoire avec un dénouement inattendu qui servira de rédemption au héros.

 

 

Looper est vraiment un très bon film, un de ces films qui compte.

Film de science fiction sans ambitions grandiloquentes , au contraire d’un Prometheus qui nous promettait (ouhhh, le jeu de mots) de carrément découvrir le sens de la vie sur terre et qui s’avère surtout d’un ennui abyssal, Looper est un vrai film de science fiction avec un propos intéressant et qui fait réfléchir.

Et que je vous conseille de voir.