Decryptage: Control de Anton Corbijn et Melancholia de Lars Von trier

Dans le genre deux films qui n’ont rien à voir, ça se pose un peu là, non?

Mis à part le fait que j’ai vu ses deux films à quelques heures d’intervalles, ils ont pourtant une véritable convergence.

Mais parlons d’abord de ces films individuellement.

    • Control d’Anton Corbijn.

 

Ce film est un biopic de la courte vie de Ian Curtis, el chanteur du groupe Joy Division.

Si tu ne connais pas Joy Division (je ne peux plus rien pour toi! Non, je rigole^^), ce groupe est le groupe fondateur de la cold wave, une musique froide ancêtre du rock gothique que nous connaissons aujourd’hui.

Une des chansons emblématique de ce groupe est Love will tear us apart qui a été reprise par de nombreux artistes.

Ce film raconte donc la vie du chanteur de ce groupe qui s’est suicidé à l’âge de 23 ans, à la veille d’une tournée aux Etats unis qui l’ aurait sûrement élévé lui et son groupe au rang de star.

Le film a été tourné par Anton Corbijn qui avait déjà réalisé des clips pour U2 et Depeche Mode et qui a surtout connu les Joy Division.

Outre une plongée fascinante et très froide (le noir et blanc retravaillé et noirci aide beaucoup) dans le Manchester ouvrier de la fin des années 70, on suit fébrilement la vie de ce jeune adulte dépressif, tentant à tout prix d’accéder à la normalité (un mariage à 19 ans, un bébé) mais rattrapé par sa mélancolie et sa dépression, ses crises d’épilepsie,le poids de ses responsabilités familiales et sa célébrité naissante.

Le parti pris du film (en grande partie dû à la source du scénario, le livre écrit par la femme de Ian Curtis) fait la part belle à la vie de Ian Curtis plus qu’à celle du groupe.

Ce qui est surprenant et presque dérangeant, c’est la banalité de cette vie.

Une femme isolée, en plein baby blues, qui voit son mari s’éloigner d’elle.

Un mari qui se comporte comme un con, comme un ado qui a un coup de coeur pour une autre mais qui est incapable de choisir entre deux femmes. Et c’est Ian Curtis, autant vous dire que ça fait mal au mythe quand même!

Le sentiment général qui ressort de ce film et qui est parfaitement retranscrit pas l’acteur (qui joue tellement bien Ian curtis que ça en devient presque dérangeant de le regarder) est que le héros de l’histoire a l’impression de ne plus avoir le contrôle sur sa vie (d’où le titre, Control, inspiré de la chanson du groupe She’s lost control)

 

 

C’est ce sentiment oppressant et assez flippant quand on y pense, de perte de contrôle totale sur les choses qui rapproche Control de Melancholia.

 

  • Melancholia de Lars von trier

Les films de Lars Von trier raconte toujours des personnages ordinaires qui vivent des situations extraordinaires.

Comme cette histoire d’amour extrême et dérangeante de Braking the Waves, le parcours de Bjork dans dancer in the dark, etc…

Ces situations sont filmés de façon très brute, souvent en caméra à l’épaule, très proche des personnages.

Ce qui provoque une charge émotionnelle très forte.

« On vit » un film de Lars von trier.

 

 

Ici, on retrouve une ambiance de fin du monde puisqu’une planète Mélancholia, se rapproche dangereusement de la terre et on suit cet évenement à travers la vie de deux soeurs.

La première partie du fillm raconte le mariage de la plus jeune soeur, étrangement dépressive.

Un mariage comme on en a déjà vu au cinéma (et dans la vie aussi) bancal avant de commencer une famille qui se déchire, etc….

Alors que toute sa vie prend l’eau (son mari se casse pendant la nuit de noces, elle perd son boulot), l’héroïne plonge de plus en plus dans la dépression.

Dans la seconde partie du film, on retrouve la soeur ainée qui accueille sa plus jeune soeur chez elle.

On suit sa peur de la fin du monde, sa joie quand elle croit que celle ci a été évitée et enfin, sa profonde tristesse et sa très grande peur quand elle réalise que si, la fin du monde va avoir lieu.

La scène finale des deux soeurs et du petit garçon de l’ainée, de leur tentative de jouer la comédie jusqu’au bout pour rassurer l’enfant est très triste et d’une beauté brute comme seuls les films issus du courant du dogme (comme Breaking the waves ou festen) peuvent en offrir.

Et Charlotte Gainsbourg est réellement bouleversante.

Contrairement à Control où Ian Curtis a l’impression de ne plus contrôler sa vie dans Melancholia les héros ne contrôlent plus rien puisqu’il ne peuvent échapper à la fin du monde.

On retrouve la palette des sentiments humains et des réactions possibles: Fuir les choses par le suicide ou affronter le chaos jusqu’au bout avec courage.

On se demande toujours en regardant ce genre de film comment on réagirait en pareille situation (mais rassurez vous, je me demande aussi comment je réagirais si j’étais Sarah Connor et si le terminator sonnait à ma porte!^^)

 

Et vous,avez vous vu ces films? les avez vous aimé?